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Ex Machina

Titre latin pour film de SF peu commun. Ecrit et réalisé par Alex Garland, scénariste de « La Plage » et « 28 jours plus tard » notamment, « Ex Machina » traite d’intelligence artificielle et s’inscrit dans la lignée des long-métrages sur le sujet, comme « A.I. », « 2001 : l’Odyssée de l’Espace », « Blade Runner » ou encore « Her ». Mais le film sort des sentiers battus par le genre et se démarque des références citées plus haut grâce à un scénario des plus originaux, à une morale philosophique plutôt tacite, et à un fort parti pris esthétique. Vous me direz, « 2001 » fait lui aussi assez fort dans le tacite et le philosophique ! Pour bien analyser « Ex Machina », il faut dissocier la forme du fond. Commençons par le plus simple, la forme. Alex Garland situe son histoire en huis-clos. Ainsi, dès lors que le héros arrive dans le bâtiment, on se sent confiné, oppressé et surtout intrigué par tous les mystères que cachent cette baraque et son douteux propriétaire. Parce que, oui, chose importante, le récit est à la première personne (dans le sens où le regard du spectateur évolue en même temps que celui du personnage principal). La mise en scène, feutrée, va de pair avec le style, ultra-moderne, de la maison dans laquelle on est enfermé. Les cadrages, souvent parfaitement symétriques, accentuent cette impression d’idéal et d’ambivalence. Les comédiens sont excellents, et particulièrement Oscar Isaac, qui campe un personnage ô combien ambigu auquel il est impossible de s’attacher. Dans « Ex Machina », il est question, donc, d’intelligence artificielle, de machine, mais surtout de Dieu et de l’Homme. Comme dans la formule latine Deus Ex Machina (« Dieu issu de la machine ») dont le titre s’est inspiré. Proverbe théâtral des plus métaphoriques (comme bon nombre de proverbes), ce groupe de mot n’a a priori rien à voir avec nous. Sauf que si, en fait. Car si Dieu a créé l’Homme (ce qu’on est en droit de remettre en question), c’est l’Homme qui a créé la Machine. Mais l’Homme ne devrait pas se prendre pour Dieu… Le propos de ce film est justement de remettre tant en question la « machine » que l’Homme lui-même. « Ex Machina » soulève quantité de questions passionnantes, de sujets d’actualités, et si on regrette parfois la simplicité des ficelles scénaristiques, ou une esthétique un poil trop mise en avant, le premier film d’Alex Garland est un métrage très séduisant.

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